Théâtre

Ça ira (1) Fin de Louis

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Adresse :
Équinoxe scène nationale
Avenue Charles-de-Gaulle
36000 Châteauroux

Ça ira (1) fin de Louis est une fiction politique contemporaine inspirée du processus révolutionnaire de 1789. Qu'est-ce qui pousse des hommes à renverser le pouvoir ? Quels nouveaux rapports instaurer entre l’homme et la société ? Entre les citoyens et leurs représentants ?

Entre fiction et réalité, Ça ira (1) fin de Louis raconte cette lutte pour la démocratie.

Joël Pommerat et sa Compagnie Louis Brouillard ont déjà été accueillis à plusieurs reprises à Équinoxe : en novembre 2009 (Je tremble 1 et 2), en mai 2011 (Les Marchands et Pinocchio) puis en mai 2013 (La Grande et Fabuleuse Histoire du commerce).

On plonge dans le spectacle lorsque le Premier ministre annonce au Conseil du roi que le royaume de France est virtuellement en faillite, écrasé sous le poids de la dette... puis on est illico entraîné dans le tumulte du serment du Jeu de paume... bientôt la canonnade gronde à l'extérieur du théâtre, tandis que les députés peinent à rédiger la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, discutant sans fin chaque virgule, chaque cédille... En pleine insurrection, le roi reçoit une délégation de Parisiennes : après un bref exposé des griefs et des revendications, la visite tourne au concours de selfies avec le monarque...

À chaque scène, Pommerat insuffle une extraordinaire vitalité dans son spectacle. Il nous rend cette histoire si proche et si vraie qu'on voudrait pouvoir la montrer à tous. On ressort bouleversé par tant de maîtrise et d'intelligence, revigoré par l'ardeur révolutionnaire déployée par cette équipe… Les personnages incarnent une variété de positionnements dans différents groupes : le roi et son entourage, les députés, les Parisiens. Ils sont représentés dans des lieux de débat, de réunion : la résidence royale, l'Assemblée à Versailles, l'hôtel de ville et les assemblées de quartier à Paris.

Pas de manichéisme (le point de vue du monarque est exposé), pas d'héroïsation des figures révolutionnaires (les Robespierre, Danton ou Marat ne sont pas incarnés), pas de reconstitution historique (mais la recréation d'un temps passé/présent). Comme l'explique Joël Pommerat, « je ne cherche pas à être fidèle à une époque mais à des événements, à un processus ».

S'il y a bien une dimension participative dans ce projet (le recrutement local de « forces vives » permettra d'associer au déroulement des représentations à Châteauroux les élèves de l'option théâtre du lycée Jean Giraudoux), le dispositif du spectacle est immersif : le public devient une partie de l'Assemblée, comme pour lui permettre d'éprouver l'énergie du débat, parfois même l'inconfort et la tension de ces prises de parole cacophoniques...

La Révolution française au théâtre, c'est une vieille histoire : La Mort de Danton de Georg Büchner (1835), le Marat-Sade de Peter Weiss (1963), le diptyque 1789-1793 mis en scène par le Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine (au début des années 1970), Notre terreur, le spectacle du collectif d'ores et déjà (2009), sont autant de tentatives qui témoignent de la permanence du désir des gens de théâtre de représenter/raconter/interpréter ce moment historique.

La compagnie s'est récemment vue attribuer le Label de Compagnie Nationale par le Ministère de la culture. Joël Pommerat a également reçu le Grand Prix du théâtre 2015 décerné par l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.

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