Spectacle

Comme vider la mer avec une cuiller

  • Le de à

Adresse :
Équinoxe scène nationale
Avenue Charles-de-Gaulle
36000 Châteauroux

Auteur et interprète Yannick Jaulin - Cie Le Beau Monde ?
Yannick Jaulin, l’Ami Yannick ; plusieurs belles rencontres ici même, avec vous : collectage, résidence, coproductions, accueil au gré des saisons : Rien que du beau monde, J’ai pas fermé l’œil de la nuit, Terrien, Dodo… Entretemps il aura aussi œuvré avec Wajdi Mouawad…
Après un détour par l’Abbaye de Noirlac en septembre où nous l’avons convié-immergé, le revoilà ; au pied d’un tableau, L’Annonciation de Fra Angelico… À ses côtés, la violoniste Morgane Houdemont.
Se retournant vers nous, il entame : "Ce n’est pas parce qu’on regarde tous la même chose, qu’on se raconte la même histoire…"

"Nietzsche stupéfait se demandait

Comment avons-nous fait ? Comment avons-nous fait pour vider la mer ?

Vider la mer de tous ces grands récits collectifs dont nous sommes les héritiers. Ces récits sont comme des enveloppes d’une matière à la fois ténue et épaisse. Ils partent des profondeurs alors forcément mouvantes comme le sont toutes les formes mythologiques, comme le sont toutes les formes religieuses qui même quand elles sont révélées réapparaissent devant les yeux de chaque génération à la lueur de nouvelles interprétations.

Ils partent de notre mémoire récente quand elles racontent la nation, la fabrication des récits mythologiques destinés à faire un peuple patriote, les Michelet, les Lavisse et ce XIXe grand pourvoyeur de fausses vérités et de grands récits.

Ils partent de nos mémoires familiales. Celles qui se nichent en passagers clandestins dans nos vies, ouvrent et claquent des portes incompréhensibles sur ce que nous appelons par facilité, notre chemin."

[Yannick Jaulin]

 

"Ce spectacle parle du récit religieux, de notre besoin d’infini, de quoi faire avec ces récits aujourd’hui.

J’aborde les textes des religions du livre pour ce qu’ils sont : des contes, des récits aux multiples versions, aux évolutions étonnantes, et donc aux interprétations infinies. De leur dimension mortifère quand on les réduit à Une vérité.

Ils ont fait notre monde, façonnent encore notre quotidien et ne pas les connaître est sans doute un héritage fragile de notre anticléricalisme. On ne peut se contenter d’ignorance, du déni de ces textes-là. Si mes questions peuvent alimenter ce débat fondamental pour l’avenir de notre société, alors…"

[Yannick Jaulin]

 

"Que faire de cet héritage, de ces grands récits qui ont fabriqué notre civilisation ?

J’aimerais pouvoir dire avec Jeanne Benameur "le sacré, la forme juste de mon doute" et faire de ce spectacle une histoire fondamentale, indispensable.

J’aimerais, mais je ne suis sûr de rien.

Juste que notre besoin de croyance est inhérent à notre condition d’humains.

Les Grecs savaient que nous sommes les inventeurs du récit de cette croyance

Les religions monothéistes brandissent la révélation.

Et nous vivons dans un monde de crédulité sidérante

Nous sommes tous nés d’un récit.

Nous le portons avec fierté, peine ou étonnement

Il nous tient debout, Nous le savons à peine."

[Yannick Jaulin]

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