Théâtre

L'Avare

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Adresse :
Équinoxe scène nationale
Avenue Charles-de-Gaulle
36000 Châteauroux

Ludovic Lagarde et Laurent Poitrenaux (Un mage en été, Jan Karski, La Mouette, Lear is in town) sont de retour... un de nos comédiens ami-fétiche ; dans leur version réjouissante de L’Avare (après celle de Jean-Louis Martinelli et Jacques Weber) – inventif, nourri, et pourtant trait de flèche. Coup de cœur – cœur touché...

« J’ai été frappé par la beauté de cette prose, la violence comique d’une pièce où, si la farce n’est jamais loin, elle n’en rend que plus cruelles l’âpreté des rapports et la rudesse des enjeux.

Au centre du dispositif, l’avarice, donc la rétention. Ce n’est pas qu’il n’y a pas d’argent ici, au contraire – mais il ne circule pas. Il n’a plus de valeur d’usage. Il semble être devenu l’objet d’un culte mortifère. Tout peut être sacrifié à l’argent, puisque rien d’autre ne compte, rien ne vaut, plus rien n’a de prix... rien que l’argent, justement. Pour cette nouvelle morale, un seul impératif, catégorique comme il se doit : sans odeur, invisible, l’argent doit engendrer l’argent, toujours plus. Sans que personne n’en jouisse. Sauf l’avare. Il semble bien qu’on ne s’en sorte pas, chez les maîtres comme chez les valets ; pour le père comme pour ses enfants, tout tourne autour de cet argent construit en obsession. Et sans surprise, l’amour n’est pas épargné. Sauve qui peut !

L’avarice a traversé le temps, et si l’on pense au roman du XIXe, au père Grandet de Balzac par exemple, un DonDeLillo pourrait aujourd’hui nous en raconter l’his- toire. Nous approchons cet Avare familier, bien trop paranoïaque et sadique pour être simplement grotesque, et la société en crise qu’il ordonne, où l’argent règne en despote. Sans perruques ni chandeliers. »

[Ludovic Lagarde, metteur en scène]

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