Concert

Zoufris Maracas (Festival DARC)

  • Le à

Adresse :
Place Voltaire 36000 Châteauroux

Soirée gratuite.
1e partie à 20h45 : Ziako (Festival DARC).

« La médiocrité, c’est le début de l’excellence ! ». Décomplexant et vivifiant, l’adage est signé Vincent Sanchez -­-   Vin’s -­-   chef de file des Zoufris Maracas. Chômeur, le frigo vide et pas une thune pour les loisirs, il bricole trois rimes sur quatre accords pour lutter contre l’ennui. « Ca a commencé par une chanson à la con qui m’a fait rire : ça m’a troublé et j’ai continué. ». Son pote d’enfance, Vincent Allard -­-   Micho -­-   l’encourage à fredonner dès que possible. « Il me disait tout le temps que je savais chanter mais ça m’énervait parce que c’était toujours trop léger alors qu’on avait des tas de choses à dire. ». Elevé à la Renaud, friand de Brel et Brassens, l’apprenti s’élance courant 2006 et sculpte une belle dizaine de chansons, pétillantes et affûtées. 

Après deux années dans les rues à faire adhérer les passants à Greenpeace, de Montpellier à Marseille en passant par Toulouse, Lyon et Nantes, Vincent Sanchez a accumulé une bonne dose d’inspiration et d’énervement. Avec sa licence d’environnement et sa maîtrise sur les ONG en poche, il diffuse ce qu’il sait sur le changement climatique ou la pollution des sols, persuadé de pouvoir encourager le badaud à la révolte. « A force d’exaspération, je finis par déclencher une chanson. Même si les paroles ne sont pas forcément revendicatives, j’aime décrire des réactions, démasquer des faux-­-semblants, railler une réalité. », décrypte le Sétois, proposant des discours paliers sur lesquels s’appuyer. « Grâce à la musique, on réalise qu’on est nombreux à être d’accord : ça augmente notre capacité à réagir. ». 

Avant de soulever des hordes dans des salles de concert, Zoufris Maracas emprunte la case métro. En 2007, les deux Vincent, Sanchez et Allard, compagnons de baby foot depuis l’âge de  15  ans,  partagent  un  premier  été  de  galères  parisiennes.  Pour  avoir  quelque  chose  à  se mettre sous la dent, ils se produisent dans la rue, gagnent quelques centimes puis des dizaines et des dizaines d’euros. « Au début, on chantait comme des casseroles mais on n’avait pas le choix ! Petit à petit, on y a pris goût et on s’est amélioré. On allait tous les jours à  Montmartre, ça  nous  permettait au  moins  de  bouffer. »  A  la  fin  des  beaux  jours,  ils enregistrent 8 titres chez un pote – « une petite démo à l’arrache » -­-  et leur copain Youri ajoute de joyeuses trompettes à leur formule guitare-­-voix.

Pendant l’hiver, le duo délaisse les terrasses de café et opte, comme un réflexe quotidien, pour les rames de la RATP. Il s’agit de jouer des chansons ultra-­-efficaces et de faire rire les gens  malgré  le  barnum  souterrain,  le  tout  avec  une  pointe  de  poésie.  Très  vite, l’organisateur d’un festival underground les repère, il s’appelle Titi. Julio, le parrain de l’événement, a lui aussi envie de défendre des Zoufris encore amateurs. « Ils avaient au moins l’audace d’y aller, même si on n’avait pas franchement la gueule de l’emploi ! », se souvient Vincent Sanchez. Dans la foulée, on leur présente François Causse, l’ancien batteur de Thiéfaine et Bashung, chez qui ils enregistrent le titre Un Gamin, « juste pour voir ce que ça pouvait donner ». A cette bande folâtre, viennent se greffer des amis d’amis : Mike à la guitare manouche, fan de Django Reinhardt, et Brice à la trompette, une pointure du conservatoire.

Après  une  année  de  travail  en  studio,  Julio  contacte  les  éditions  Raoul  Breton, célèbres pour leur prestigieux répertoire à l’ancienne, type Charles Aznavour et Yves Montand. Adeptes du contraste entre musique africaine et chanson française, les éditeurs signent avec Zoufris Maracas début 2010 avant de convaincre le label Chapter Two en juin 2011.

La professionnalisation n’a rien enlevé à la fraicheur du groupe, toujours assidu dans l’exercice de ne pas travailler, pour sans cesse créer des espaces de liberté. Chienne de vie succède au premier album Prison Dorée et l’ivresse du voyage s’intensifie. Si, plus jeunes, Vin’s et Micho ont vadrouillé en Afrique de l’Ouest avec un projet de ciné itinérant, c’est au Mexique qu’ils débutent l’écriture de ce nouvel        album sur lequel est distillé aujourd’hui un patchwork de leurs explorations, avec des sons latinos, manouches, africains ou encore discos, et des thématiques aussi variées que les nanotechnologies, les chagrins d’amour et autres cyber-­-pétitions. « Notre unité, c’est de mélanger ! On aime changer d’univers musical du début à la fin, parce que chaque musique produit une émotion différente. » souligne Vincent Sanchez.  D’où deux invités de prestige  Winston McAnuff sur « Nanotechnologie » et les percussions du groupe réunionnais Lindingo sur le titre « Pacifique ».  « Puisqu’ici la situation est désespérée, nous devons donner des espérances d’ailleurs… La vie s’épanouit dans la diversité. »

Sur  scène,  Zoufris  Maracas  cultive  cette  même  spontanéité  oisive.  Evitant  autant  que possible les répétitions, les artistes boycottent la mise en scène et toute construction de personnages.  « On  nous  découvre  dans  l’état  dans  lequel  on  est  ce  jour-­-là :  notre  pire cauchemar serait de débarquer en mode automatique. On chante sur notre sphère émotionnelle, elle varie forcément selon les événements ». Zoufris Maracas, en hommage aux ouvriers algériens venus travailler dans la France des années 50, c’est un exil perpétuel, surprenant, à fleur de peau.

Soirée gratuite.
1e partie à 20h45 : Ziako (Festival DARC).

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