Les Lisztomanias

Celui que Liszt servit le plus, c’est Beethoven, déjà par ce geste inouï de transcrire pour dix doigts ses neuf symphonies. Il y a au départ une rencontre concrète, quand le jeune hongrois de onze ans se fait adouber par le géant de Bonn (« le modèle de toute ma carrière d’artiste »), puis l’apprentissage de Carl Czerny, lui-même élève de Beethoven. Mais il y a surtout une véritable filiation. Héritier et disciple, Liszt joue, dès son plus jeune âge, les concertos et les sonates de Beethoven, dont il sera souvent le premier interprète ; en 1845, il recueille les fonds pour l’édification d’un monument dédié au compositeur à Bonn à l’occasion de laquelle il compose  une cantate. Toute sa vie enfin, il ne cesse de proclamer ce que l’art doit à Beethoven et à son message humaniste ; car aucune musique n’a jamais constitué à ce point un manifeste de lutte et d’espoir — qui est aussi celui de Liszt.

J.-Y. Clément, Directeur artistique

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