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Jardins des Cordeliers
Cinq années pour faire revivre les lieux historiques.
La Ville de Châteauroux a souhaité mener une réflexion globale sur la rénovation des jardins situés autour du couvent des Cordeliers afin d’accentuer la mise en valeur du site. Une étude a été confiée à une équipe de maîtrise d’oeuvre composée de la société Oikos paysagistes et de Laure Marieu architecte du patrimoine qui a conçu l’avant-projet, sous le contrôle de l’architecte des bâtiments de France. Cinq années ont été nécessaires pour réhabiliter ce site remarquable.
Un site au patrimoine remarquable
Le couvent des Cordeliers se situe sur l’ancien tracé des remparts de la ville. Il se situe à la jonction entre la ville haute bâtie et la ville basse constituée d’espaces verts en bord de rivière. Le couvent des Cordeliers est situé sur le territoire de l’aire de valorisation du patrimoine (AVAP). Les jardins des terrasses ont été classés en tant que jardin ou espace vert à protéger.
Un site qui a connu différentes campagnes de travaux
Les jardins des Cordeliers ont connu différentes campagnes de travaux depuis 1975, période durant laquelle le site a été profondément remanié pour une première mise en valeur. Ainsi, de 1975 à 1978, suite à la destruction de la caserne de gendarmerie (construite fin XIXe) les terrasses et les jardins ont été recomposés. Le bassin et ses abords situés en contrebas des terrasses ont été créés en 1984. En 2008, un jardin d’inspiration zen situé dans la continuité du bassin, à proximité du lavoir des Religieuses a été créé. En 2014, une rénovation partielle des jardins situés dans les contreforts des Cordeliers a été conduite en privilégiant des plantes de terre de bruyère.
Un diagnostic de l’existant
Le diagnostic réalisé s’appuie sur une analyse patrimoniale, historique et paysagère ainsi que sur une analyse technique des murs, des sols, des accès PMR et des éclairages. Ce diagnostic a conduit à des propositions programmatiques qui ont permis au maître d’ouvrage de se positionner sur le parti pris de restauration du site. L’étude des sols a permis de mettre en avant la nécessité de reprises partielles des allées. Les murs historiques ou plus récents connaissent des désordres : la maçonnerie se défait, les plantes grimpantes envahissent et l’eau s’infiltre.
Cinq années ont été nécessaires pour réhabiliter ce site remarquable
Ce projet s’inscrit dans une vision globale qui intègre la rénovation des rues du centre historique, la réfection des places Gambetta et Sainte-Hélène, des rues Dorée et Descente des Cordeliers. Les jardins du couvent des Cordeliers se doivent d’être entretenus ; c’est une réel cadre touristique pour l’attractivité de notre territoire.
Les différentes phases :
A. La terrasse haute
B. L’herbularius
C. Le jardin des Religieuses
D. La proue végétale et les remparts
E. L’hortulus
F. Le cloître
G. La terrasse du bassin
H. Le Pomarius
I. Le pré sauvage
Les étapes du projet
Première année (2019-2020)
La terrasse haute (A)
La terrasse haute d’une superficie de 1 600 m² permet de relier le coeur de ville aux rives de l’Indre. Elle possède un dessin classique dans le style des parterres à la française. Des haies taillées et des grimpantes viennent habiller les murs des rampes, des parterres de gazons et de fleurs tracent des perspectives et des tilleuls conduits en hauts jets ferment le long de la ruelle Basse. L’enjeu est de faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite autant au niveau de la rampe (gravillons) et de l’escalier.
L’herbularius : un jardin de plantes médicinales (B)
depuis les travaux menés en 2020, les deux terrasses situées à l’arrière du couvent voient leurs allées rénovées avec la pose d’un sol en stabilisé renforcé identique à celui que l’on trouve dans les allées du parc Balsan. Le revêtement des rampes d’accès PMR a été remplacé par du béton désactivé d’aspect stabilisé. Les murs ont été nettoyés et végétalisés avec de la vigne vierge et des plantes vivaces et herbacées. Le système d’arrosage a été rénové afin de répondre aux besoins spécifiques des végétaux mis en place. Les carrés de fleurissement saisonnier de la deuxième terrasse sont remplacés par un fleurissement durable composé de plantes vivaces. Du côté de la terrasse basse, des variétés de plantes médicinales rappellent les plantations cultivées à l’époque des franciscains qui occupaient les lieux.
Le jardin des Religieuses (C)
Le jardin des Religieuses est rattaché à l’emprise des jardins du couvent des Cordeliers. La parcelle a été éclaircie afin de reconstituer le sous-bois. Un muret surmonté d’une grille a été construit le long de la partie jouxtant le lycée Jean-Giraudoux et une haie champêtre y a été plantée. Un cheminement a été réalisé afin de relier le jardin public à la ruelle Basse et un ponton de bois permettra de franchir le ruisseau. La fontaine en elle-même a été mise en valeur.
Coût des travaux : 416 677 € TTC
Liste des entreprises titulaires du marché :
Lot 1 : travaux de voirie et réseaux divers
SETEC – Diors (36)
Lot 2 : maçonnerie du patrimoine, rénovation des murs historiques
ROGER-DÉSIRÉ – Saint-Maur (36)
Lot 3 : rénovation des espaces verts et de l’arrosage intégré
ID VERDE – Trouy (18)
Lot 4 : création d’une passerelle et d’un ponton bois
MILLET & FILS – Vierzon (18)
Lot 5 : création d’un muret de clôture en béton
ROGER-DÉSIRÉ – Saint-Maur (36)
Lot 6 : ferronnerie
J.C. PELLETIER – Châteauroux (36)
Deuxième année (2020-2021)
Des remparts retrouvés et une proue végétale offrant une vue dégagée sur le couvent (D)
Le réaménagement se veut sobre, dans l’esprit de doctrine des Cordeliers. Le parti pris est de dégager les remparts afin de mettre en valeur ses ouvrages de pierre. Les haies de persistants sont désormais arrachées au profit de grandes bandes de graminées. Ces plantations de vivaces apportent une simplicité de lecture des formes et des volumes et aussi en termes de gestion de l’espace. La partie supérieure de la proue, côté intérieur des remparts a été réaménagée. Les parterres ont été plantés de plantes tapissant et de bulbes. Un platelage a été créé et une reprise du cheminement gravillonné a été effectuée. Les remparts sont dégagés et accessibles avec un effet de belvédère.
L’hortulus : un potager moyenâgeux (E)
La partie située en contrebas de l’aile nord-ouest du couvent des Cordeliers, où se trouvaient les anciennes cuisines et le réfectoire reçoit désormais un jardin potager dénommé « hortulus ». La plantation de cet espace a été l’occasion de mettre en scène la biodiversité des plantes domestiques et sa grande richesse. Il est composé de variétés de légumes anciens dans l’esprit des jardins médiévaux, à l’exemple de ce que l’on peut voir au prieuré d’Orsan dans le cher. Cet hortulus est comme un réservoir pour des variétés menacées d’extinction. Le travail sur les variétés anciennes et de pays a plusieurs intérêts : patrimonial, génétique et écologique. Bien que ce soit avant tout un potager productif, on y retrouve le même souci de précision, de la découverte, que dans les autres jardins du couvent. On y trouve des structures en châtaignier, fleurs, lianes potagères…
Troisième année (2021-2022)
L’ancien cloître redessiné (F)
La présence du cloître n’est pas perceptible à l’heure actuelle. Il est devenu une cour mais a perdu son usage ancien. Il s’agit de redonner vie à cet ensemble minéral en dessinant les contours de celui-ci avec des murets et en réalisant un déambulatoire en tomette de terre cuite. Une prairie centrale plantée de lin et d’indigo entrecoupée du dessin classique de la croix vient occupée le centre du cloître. Reste à l’étude la fermeture de cet espace par la figuration de l’ancienne bibliothèque soit par un dallage de pierre calcaire pouvant contenir des gravures qui évoqueraient des écritures anciennes ou par la plantation d’une haie prolongeant les arches du cloître.
Quatrième année (2022-2023)
La terrasse située au niveau du bassin des Cordeliers (G)
Située dans la partie basse, la terrasse relie le jardin à la ruelle Basse où se trouve le lavoir des Religieuses. Les allées sont renouvelées avec le même revêtement en stabilisé renforcé et l’ensemble des murs d’enceinte a été rénové. Le traitement végétal proposé se fait dans un esprit plus champêtre et durable avec l’utilisationde plantes vivaces.
Un Pomarius : un verger composé d’espèces anciennes et locales (H)
À l’emplacement de l’actuel parking des Cordeliers, un verger composé d’espèces anciennes et locales a vocation de rappeler les jardins cultivés par les religieux. Des arbres aux formes et tailles variées sont plantés. Palmettes et cordons structurent le verger.
Cinquième année (2023-2024)
Le pré sauvage (I)
D’une superficie de 1100 m², ce lieu situé en contrebas des terrasses et du bassin correspond à l’emplacement d’un pavillon aujourd’hui démoli. L’idée est d’y maintenir le caractère naturel de la zone et de mettre en valeur les murs et le canal et de transformer cet espace en zones herbées.
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élus de la Ville de Châteauroux, élus de Châteauroux Métropole