Histoire

Des puissants seigneurs de Déols aux barons de Châteauroux, cette terre ne laisse personne indifférent.

1 000 ans d'histoire

Trois rois : Richard-Coeur-de-Lion et Philippe-Auguste, les Chauvigny, les Condé, Louis XV, tous participent à leur manière à l'éclat de la cité castelroussine ; l'histoire de Châteauroux se mêle à l'histoire de France. Le saviez-vous ? Châteauroux est nommée Indre-Libre pendant la Révolution, deux manufactures royales ont contribué à la prospérité de la ville, l'église Saint-André se trouvait à la place des halles et un tramway circulait dans la Ville au XIXe siècle... Laissez-vous conter Châteauroux et sa région. 

De Déols au château de Raoul

La Ville de Châteauroux est précédée dans l'histoire par celle de Déols. La présence gallo-romaine y est attestée par des pierres sculptées, des monnaies, de la céramique, des urnes et plus récemment par un four un pain découvert sur le chantier de la place Saint-Christophe. Vers 937, le seigneur Raoul le large délaisse son palais de Déols, soit pour une raison de sécurité, soit pour doter l'abbaye fondée en 917. Il fait bâtir une forteresse sur un coteau de la rive gauche de l'Indre. À partir de 1112, ce château est nommé "château Raoul", en raison du prénom fréquent chez les seigneurs de Déols. La période féodale voit naître à l'abri de cet emplacement fortifié une bourgade d'artisans et de commerçants.

Guerre de Cent Ans, baronnie, comté et duché-pairie

À la fin du XIIIe siècle, le château est l'un des enjeux de la lutte entre le roi de France Philippe-Auguste et le roi d'Angleterre Richard Coeur-de-Lion. Le dernier seigneur du nom de Déols est mort en 1176 en revenant de croisade. La principauté de Déols, qui s'étend du Cher à la Gartempe, échoue à une fillette de cinq quand, Denise, laquelle est menée en Angleterre. En 1188, Philippe Auguste s'empare par surprise du château Raoul, et il faut attendre 1200 pour qu'un traité reconnaisse au roi la suzeraineté de la terre de Déols. Denise et son mari font alors une entrée solennelle dans leur château. Mais la guerre de Cent Ans apporte l'insécurité. En 1356, le Prince noir, fils du roi d'Angleterre, ne pouvant pas prendre le château, fait brûler la ville. Des pillages ont lieu en 1374. Il faut fortifier la cité, ce qui est autorisé par le roi en 1447. Le château Raoul est reconstruit à cette époque. La baronnie de Châteauroux devient Comté en 1498. La succession d'André III de Chauvigny aboutit en 1519 par l'attribution du château Raoul à la maison de Maillé, et le Château du parc (Balsan) à celle D'Aumont. Les contestations entre les deux familles ne prennent fin qu'en 1612 quand Henri de Bourbon, prince de Condé, achète les deux lots. Il obtient en 1627 que la Seigneurie devienne duché-pairie. Son fils, le Grand Condé, ne s'occupe guère de son patrimoine, sauf pour y envoyer son épouse en résidence surveillée pendant 24 ans...

L'essor royal

Louis XV acquiert le duché en 1737 est en fait don en 1743 à la marquise de Tournelle. Madame de Châteauroux meurt l'année suivante sans avoir pu faire son entrée solennelle dans sa ville. L'administration royale est bénéfique pour Châteauroux avec la création, en 1751, de la manufacture de draps (future usine Balsan) et le nouveau tracé de la route Paris-Toulouse. Les promenades d'Orléans et d'Artois sont créées (actuelles place Gambetta et La Fayette). De belles demeures sont édifiées. La Révolution fait de Châteauroux "Indre-Libre", qui compte alors 8 000 habitants, le chef-lieu du département de l'Indre, dont on pouvait venir des quatre coins "à moins d'une journée à cheval".

De révolution en révolution, de guerre en guerre

Au début du XIXe siècle, la reprise de la manufacture de draps et la création d'atelier des équipages militaires assurent du travail à une population ouvrière et militaire. En 1847, le chemin de faire arrive, et avec lui un nouvel essor de la cité. En 1872, la population dépasse 18 000 habitants. La manufacture de tabac achevée en 1863, les deux brasseries, les deux fonderies, des ateliers de confection font déjà de Châteauroux une ville industrielle. Les deux dernières guerres précipitent le développement du territoire castelroussin. Une usine d'aviation s'installe en 1936 à Déols. Elle fait écho à l'installation du 3e Régiment d'aviation de chasse à partir de 1920 sur l'aérodrome de La Martinerie, base aérienne créée en 1917. Après le bombardement d'août 1944, détruisant la gare et soufflant les vitraux de l'église Saint-André, la ville fête officiellement sa libération définitive le 12 septembre 1944. La population compte 36 000 habitants en 1951.

1957, l'heure américaine de "Chateauwoo"

Lorsque les Américains décident d'augmenter leurs effectifs militaires et leur présence sur le continent européen, en pleine période de guerre froide, Châteauroux est l'un des sites retenus pour l'implantation d'une base de l'OTAN qui, dès 1951, s'installe à La Martinerie. Opérationnelle en un an, elle a pour mission de redistribuer les pièces de rechange pour toutes les armées de l'Air du Pacte atlantique. Cette mission et l'importance des installations en font l'une des structures les plus importantes de l'OTAN. Subitement, la ville du Berry devient une des villes les plus animées de la région. L'arrivée des troupes américaines dans la capitale berrichonne bouleverse l'économie locale, offrant des atouts importants provoquant aussi des crises graves (logement, prix, exode rural…). Elle laisse une empreinte profonde dans la mémoire collective des Castelroussins. En 1953, 7 000 personnes travaillent auprès de 6 000 Américains et de leur famille. En 1959, le stationnement des troupes américaines sur le continent est reconsidéré. Progressivement, les effectifs de la base se réduisent jusqu'en 1966. Durant 15 années, Châteauroux vit son heure américaine. Le retour à la réalité est douloureux. Le départ des Américains laisse un goût d'amertume, malgré les 4 000 emplois créés dans la nouvelle zone industrielle. Reste le souvenir nostalgique et superficiel d'une époque insouciante où circulent dollars, jeunes américaines en voitures rutilantes, produits nouveaux venus d'outre-Atlantique, tout ce qui constitue le mythe américain et qui marque une génération de Castelroussins, et parmi eux Gérard Depardieu.

Le réveil avant le changement de millénaire

C’est surtout au cours du dernier demi-siècle, que la Ville change le plus, c’est la période des grandes réalisations : aménagement des quartiers Saint Denis, Beaulieu, réalisation de lotissements (Brassioux, Touvent), aménagement des premières opérations de promotion immobilière privées, des lycées, l’aménagement de zones industrielles, l’implantation des premières zones commerciales périphériques... et leurs conséquences sur la vie du centre-ville, les rues piétonnes, le nouvel hôtel de ville, le début de l’aménagement du val de l’Indre en lieu de promenade et de loisirs. Après 1975, c’est la période de la récession économique, de la diminution importante du nombre de logements mis en chantier, des difficultés de nombreux secteurs industriels. C’est aussi la période des initiatives de reconquête du centre-ville : l’îlot Molière, le cours Saint Luc, le centre culturel Équinoxe, puis, en périphérie immédiate, l’institut universitaire de technologie, le programme d’aménagement du site Balsan...

Depuis les années 2000, Châteauroux connaît une nouvelle phase de développement : reconversion des friches industrielles Balsan en écocampus, et de la SEITA en centre d’affaires Colbert. Les bus deviennent gratuits en 2001 dans toute l’agglomération et le centre historique est rénové (place Monestier, place La Fayette, rue des Pavillons, etc.). Châteauroux se dote de nouvelles infrastructures : le stade d’athlétisme de La Margotière, le « zénith castelroussin » MACH 36. Son château retrouve ses couleurs et des grandes opérations immobilières sont sur le point de s’achever, à l’image du cœur d’Agglo avec la résidence Exelmans et la rénovation du centre historique.

Châteauroux nous dévoile ses secrets d'histoire

L'info en +

Pour en savoir plus sur l'histoire de Châteauroux, Petite histoire de Châteauroux, de Francesca Lacour, aux éditions Geste.

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